Les artistes

6 questions à Ismaël Mouaraki

En quoi, pour toi, oZe est une interprétation de notre réalité présente ?
Je me suis posé la question de la manière dont les personnages du Magicien d’Oz, tous si différents les uns des autres, pourraient se retranscrire dans l’époque contemporaine, dans nos problématiques et notre actualité. Nous sommes dans une époque caractérisée par le brassage, par l’échange et le partage, par l’affirmation des identités, de soi, de l’autre. Dans oZe, ce sont ces thématiques que je souhaite aborder, toujours dans une perspective d’exploration de l’identité et de l’altérité, de l’individualité et du groupe. 

Tu as été inspiré par l’oeuvre littéraire de L. Frank Baum, Le Magicien d’Oz, pour ta création chorégraphique - par où as-tu commencé pour travailler avec cette œuvre magistrale ? Que retrouve-t-on du récit littéraire initial ? 
L’idée m’est venue en 2013 à Brest en France lors d’une conversation avec Herwann Asseh, le chorégraphe de la compagnie Moral Soul avec qui j’ai collaboré sur la pièce Ayong. Je lui parlais de mon projet de monter une pièce jeune public sur la thématique d’un conte que j’affectionne particulièrement, Alice au Pays des Merveilles. En parlant, Herwann a mentionné Le Magicien d’Oz, un projet sur lequel il avait travaillé, qui retranscrivait de manière plutôt littérale le conte. Ça m’a fait beaucoup réfléchir – les personnages m’ont inspirés, mais je souhaitais aborder le conte d’un angle plus abstrait. J’ai fait mes recherches, sur 4 ans en réalité ! Un jour j’ai découvert un ouvrage extraordinaire, le livre graphique minimaliste d’Olimpia Zagnoli, The Wonderful Wizard of Oz. J’ai tout de suite adhéré à sa démarche, le fait de se séparer de tout ce qui a pu être fait par le passé sur cette œuvre magistrale pour exprimer un point de vue original, se démarquer. Ce qui m’a inspiré n’est pas tant l’histoire en tant que telle mais plutôt les personnages. Elle a su synthétiser l’essence du narratif et la personnalité des protagonistes par des couleurs fortes, des formes et des textures minimalistes et épurées. Ses personnages sont marquants, Dorothée est indépendante et forte. Cet ouvrage a été un point de départ en terme d’inspiration et d’esthétique. J’ai choisi d’aborder oZe avec une démarche abstraite, parce que l’abstrait est ce qui se passe devant nous, le futur. Si on veut se découvrir, il faut accepter de ne pas savoir, d’être conscient que l’on s’en va dans quelque chose de flou, d’impalpable, et qu’au fur et à mesure du chemin, on réalise qu’on s’est fait suffisamment confiance et que finalement on s’est trouvé. Je trouve qu’on s’attache plus à ce qu’on ressent comme ça. Et c’est ce qui justifie que je n’ai pas choisi une narration littérale, je voulais représenter sur scène ma propre appréciation de l’œuvre.

Le Magicien d’Oz retrace l’aventure de quatre personnages anti-héros qui finalement se découvrent des qualités inattendues – as-tu un héros qui t’inspire personnellement ? 
J’aime beaucoup le terme « anti-héros », tout simplement parce que d’après moi nous sommes tous des anti-héros, nous nous cherchons tous, nous avons tous quelque chose à revendiquer ou à valoriser, qu’il s’agisse de son identité, de la condition humaine plus largement. Une personne que j’admire énormément est Joséphine Baker, personnage complexe et extraordinaire, aux multiples facettes, elle reste pour moi la représentante à la fois de la condition féminine et de la femme noire, une Cendrillon du 20ème siècle ! J’admire son parcours d’immigré, par lequel elle s’est non seulement fait une vie en France, mais en est devenue une véritable icône. Artiste, danseuse, chanteuse, femme engagée et activiste, elle a aussi été espionne, agente de renseignement des services français pendant la Seconde Guerre Mondiale, et a contribué à la victoire de son pays d’accueil. En plus de tout cela, elle a adopté 12 enfants de diverses nationalités, qu’elle a adopté dans des pays dans lesquels elle a tourné, pour les sortir d’une misère dans laquelle elle-même a grandi. D’après moi, elle a tout de l’anti-héros, elle a su se jouer d’elle-même, de ses grimaces, de la représentation qu’on faisait d’elle pour faire avancer l’histoire. Surtout elle a utilisé la joie, même dans les moments sombres, avec un parcours compliqué. Dans Le Magicien d’Oz, c’est pareil, c’est un conte initiatique, mais c’est aussi un parcours joyeux, et Dorothée, dans son rôle de femme leader porte le groupe pour qu’ils avancent. 

Quel est le message que tu souhaites partager avec ta création ? 
Le message principal de la pièce serait de se faire confiance pour se projeter dans l’avenir, dans le futur, en fait comme l’indique le nom de la pièce, d’oser. Pour moi, ce message est très représentatif de ma manière de chorégraphier – montrer au lieu de parler – quand on crée, il y a un imaginaire, des mots-clés, mais ce qui inspire vraiment c’est de bouger, de se lancer. En fait, c’est travailler dans l’abstrait pour finalement en faire du concret mais sans chercher à anticiper, d’après moi, l’anticipation est anxiogène dans la création. 

Que représente oZe dans ton parcours ? Comment en es-tu venu à chorégraphier cette pièce ? 
Il était important pour moi de créer une œuvre jeune public. J’ai trois enfants, et je veux pouvoir leur parler à travers mon univers, ma passion, par la danse. Mais pour cela je voulais aussi créer un pièce que moi je voudrais aller voir en tant qu’adulte. Les enfants font preuve d’une imagination et d’une acceptation beaucoup plus grande que ce que l’on leur accorde, et une pièce jeune public peut aborder des thématiques toutes aussi sérieuses qu’une pièce tout public ou pour adulte. Je communique avec le jeune public un peu de la même manière dont je communique au quotidien. Par exemple quand je travaille avec des danseurs, je pars toujours de la base, comme de l’éveil en quelque sorte. La manière dont je travaille la danse est instinctive, et quoi de plus instinctif qu’un enfant ? Il s’agit véritablement d’exploiter l’instinctif dans l’imaginaire, de plonger dans mon propre imaginaire d’enfant. Tout est dans l’énergie, pas dans l’anticipation, il faut écouter, essayer, se lancer, comme un enfant. En tant qu’adulte, on a tendance à canaliser cette énergie pour l’orienter, la cibler, mais je recherche à l’explorer. Il n’y a pas de limites dans l’imaginaire, et la création est pour moi une facette créative qui permet d’échapper à la réalité, de l’illustrer. Danser et se prendre pour un superhéros c’est le fun ! Mes premières références étaient DragonBall Z et pleins d’autres, et j’ai passé des heures à recréer leur gestuelle en danse ! Pour moi, la création réagit à l’imaginaire, pas à la réalité. Cette pièce représente aussi la continuité d’un apprentissage en tant que chorégraphe et qu’humain, elle représente des questions que je me pose, des moments de vie, des interrogations. C’est quelque chose que j’envisage depuis longtemps et enfin j’ai la capacité en terme de budget, de temps, de créativité, d’énergie pour lui donner vie. 

En tant que chorégraphe, qu’est-ce que tu recherches ou qui t’inspire chez un interprète ? Qu’est ce qui te plaît dans le rôle de chorégraphe ?
Dans ce projet, j’ai vraiment cherché des caractères très disparates, dans le parcours, dans les personnalités, dans l’approche au mouvement, pour créer des identités très nettes, très propres. Au début, je n’ai pas voulu déterminer des rôles clairs, qui serait quel personnage, je ne voulais pas orienter mais plutôt laisser les choses se poser naturellement, que les traits de caractères de chacun se retrouvent dans les protagonistes, et finalement ça s’est fait tout seul ! Par exemple, Audrey Bergeron s’est tout naturellement retrouvée dans son rôle de leadership, en une Dorothée qui lui appartient. José Flores lui, est très solide et ancré, ça se voit dans son travail au sol, et pour moi il est devenu évident qu’il représente l’homme d’acier. Tous ensemble, avec les interprètes et la répétitrice, on crée dans la dynamique de traverser un imaginaire ensemble, de faire ce bout de chemin main dans la main, un peu comme dans Le Magicien d’Oz en fait ! Ensemble il faut rêver, il me fallait donc des interprètes qui me donnent envie de rêver et qui avaient envie de partager mon rêve – c’est ça mon stimulus principal.

4 questions à Damian Siqueiros

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Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? 
J’ai commencé mes études en Arts Visuels il y a presque vingt ans et bien que j’aie même une maîtrise dans ce domaine mon focus n’a jamais été la photographie. Même maintenant la photographie n'est pour moi qu’un outil dans l’ensemble de ma pratique. Je trouve que mes forces sont dans la relation entre une puissante direction d’art et des concepts bien développés avec un engagement social. Pour réussir à créer un langage esthétique reconnaissable, j’ai dû apprendre à faire le design de costumes, décors, maquillage, éclairage, et souvent les créer aussi. À force de travailler avec des chorégraphes et danseurs pendant longtemps j’ai aussi appris les outils du processus créatif du mouvement, mélangeant souvent avec des outils de théâtre comme la relation entre les émotions, la respiration et le mouvement. Dans mes 8 ans de carrière au Québec, j’ai aidé à définir la représentation de la danse en collaborant avec des artistes locaux et internationaux  pour la création de leurs communications ou même pour des collaborations artistiques. Parmi ces collaborations on peut trouver des artistes comme Margie Gillis, Sidi Larbi Cherkaoui, Hélène Blackburn et Andrew Skeels. Pendant ces dernières 8 années  de travail à Montréal, j’ai réussi à présenter mes images et vidéos issues de collaborations avec des artistes de la scène dans des musées et galeries  à travers le monde, notamment : Paris, New-York, Washington D.C. au Art Museum of the Americas, Miami au Frost Museum, le Mexique, la Corée du Sud, Toronto, et Montréal. À l’automne 2017 j’ai eu ma première grande rétrospective à la prestigieuse Tambaran Gallery à New York.

Tu as été photographe de mode, qu'est-ce que cette expérience a pu t'apporter ?
Tout ce qui touche à la photographie commerciale m’a beaucoup aidé à développer le côté technique de la photographie. Dans les arts visuels, on se concentre souvent sur le concept derrière les images et on néglige la production. À mon avis l’aspect technique permet d’établir une communication plus claire avec le spectateur, quelle que soit l’esthétique choisie. Pour moi, la forme est un vaisseau pour communiquer le concept et il doit exister un équilibre entre les deux. J’ai aussi une grande admiration pour le côté artistique de la mode qui va main dans la main avec mon amour pour la création de costumes pour mes personnages.

Tu te décris comme un ARTvertisement photographer, qu'entends-tu par là ?
Ce mot décrit mon engagement envers la promotion culturelle à travers mon travail commercial ainsi que la création d’une esthétique commerciale qui est très influencée par l’art et la peinture. Je pense qu’une de mes forces c’est que je comprends bien la nature et le processus de la création artistique, c'est donc pour moi facile d’accompagner les créateurs dans le développement de leurs campagnes de communication qui ciblent l’essence de leurs oeuvres et non le choix d'images purement cosmétiques. 

Quels sont les artistes ou mouvements qui t'influencent ?
J’apprécie plus les influences qui ne sont pas directement reliées à mon médium car il y a un travail de réflexion et de transformation. Je m’inspire souvent de la danse évidemment avec des chorégraphes comme Sidi Larbi Cherkaoui ou Kylián. Mais souvent cet effet est plus puissant quand je travaille de plus près avec ces artistes comme c’est le cas pour Andrew Skeels ou Hélène Blackburn. La peinture figurative (Rembrandt, John Singer Sargent, Lee Price, Kahinde Wiley, etc.), est aussi une de mes grandes inspirations. Pas seulement à cause de l’esthétique mais aussi à cause de l’utilisation de l’iconographie comme langage de communication avec le public. Beaucoup d’artistes classiques ont développé des langages visuels (poses, couleurs, symbolismes) qui sont encore pertinents et semblent universels. Ils ont trouvé quelque chose d’essentiel dans la nature humaine comme les oeuvres de Shakespeare ou de Mozart.

10 questions à José Flores

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? 
J’ai commencé à danser à l’âge de 19 ans et j’ai pris pour la première fois un cours de danse urbaine à l’âge de 20. Par la suite, je voulais comprendre le mouvement dansé mais je trouvais que le hip hop ne répondait pas exactement à cette attente. Je me suis donc inscrit au programme de danse au Cégep Saint-Laurent. Ce n’est que par la suite que j’ai entendu parler de l’École de danse contemporaine de Montréal.

Quels sont les artistes ou mouvements artistiques qui t’inspirent et t’influencent ?
J’aime beaucoup les chorégraphes qui me font découvrir de nouvelles raisons de danser. Parmi eux se trouvent Hofesh, Akram Khan, José Navas, Crystal Pite, Sidi Larbi Cherkaoui, Wim Vandekeybus et bien d’autres. Chacun d’eux m’a fait ressentir la raison pour laquelle j’adore danser, et pourquoi j’ai décidé de continuer dans la danse contemporaine.

As-tu une autre passion que la danse ?
J’aime beaucoup dessiner, peindre, la photographie et la production de vidéo de danse. Avant de me lancer en danse, j’ai commencé un DEC en Arts Plastiques.

Qu’est-ce que veut dire oZe pour toi ? / Quelle est la signification de oZe pour toi ? 
Pour moi oZe représente le chemin de vie que chacun de nous est en train de vivre. On a résumé le tout dans un conte avec 4 personnages. Chacun possède une caractéristique très précise. Mais lorsque l’on prend du recul on s’aperçoit qu’on peut passer par tout ce que Dorothée a vécu en une seule journée et c’est pourquoi je me sens interpellé par chaque personnage de cette histoire.

Dans quel personnage de oZe te reconnais-tu ? Es-tu plus homme d’acier, lion, Dorothée, .. ?
Je pense que ça dépend, il y a des moment dans ma vie où je me suis senti comme le lion, prendre du courage pour faire face à ta réalité est une des choses les plus difficiles que j’ai dû faire. Savoir que cette chose que tu cherches tellement à l’extérieur de toi et qui en fait se trouve en toi depuis tout le début, me démontre que tu ne finis jamais de te découvrir et c’est ce qui rend la vie intéressante.

Ton conte préféré ? 
Le petit Prince

Si tu avais un pouvoir magique, lequel serait-il ? 
J’aimerais avoir le pouvoir de la téléportation.

Quelle est la chose la plus importante pour toi ? 
Ma mère.

Quel est le plus grand défi que tu as du surmonter ?
Rester authentique à moi même, ne pas me laisser influencer par ce que les gens autour de moi disent. C’est ce qui rend malheureux les gens. Sois toi même et saches que cela suffit.

Si tu pouvais être n’importe quoi, n’importe où, là maintenant - qui, quoi et où serais-tu ?
J’aimerais bien être un petit chien pour savoir à quel point on devrait être capable d’aimer quelqu’un.

10 questions à Bailey Eng

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?
Mes pratiques de mouvement actuelles découlent de la danse contemporaine, du break, du parkour, de la contorsion et du mat chinois. J’ai grandi à Red Deer en Alberta, où j'ai pratiqué la gymnastique artistique, la gymnastique rythmique, le volleyball et le piano. J'ai obtenu un baccalauréat en danse contemporaine de l'Université Concordia, après avoir étudié à l'École Nationale du Cirque et à l'Université York. J'ai effectué plusieurs performances qui m'ont permis d'intégrer la danse, le cirque et le parkour, notamment avec Andréane Leclerc (Nadère Arts Vivants), Jeff Hall, Compagnie WXWS, La Marche du Crabe et Les Minutes Complètement Cirque. Mon travail a été présenté à Tangente dans le cadre de Danses Buissonnières (Look, 2017), au Studio 303 dans le cadre de Remix CanDance Creative Exchange et à Toronto au Dance Matters (WithIn et WithOut, 2018). En plus de la performance et de la chorégraphie, je suis également entraîneur d'acrobatie et de danse.

Quels sont les artistes ou mouvements artistiques qui t’inspirent et t’influencent ?
Les artistes, œuvres, et moments qui incorporent et fusent différents styles, défient les limites et les extrêmes. 

As-tu une autre passion que la danse ?
Le parkour et le cirque 

Qu’est-ce que veut dire oZe pour toi ? / Quelle est la signification de oZe pour toi ? 
Une réflexion sur mon enfance, mais plus largement sur la condition humaine, sur l’inconnu, l’incertitude, la réalité et l’expérience. 

Dans quel personnage de oZe te reconnais-tu ? Es-tu plus homme d’acier, lion, Dorothée, .. ?
Le lion ! J’ai tellement de peur ! 

Ton conte préféré ? 
Mulan !

Si tu avais un pouvoir magique, lequel serait-il ? 
L’Omnilinguisme, la capacité de comprendre, de parler et de lire toutes les langues sans les avoir appris ! 

Quelle est la chose la plus importante pour toi ? 
La Liberté.

Quel est le plus grand défi que tu as du surmonter ?
Le doute de soi. 

Si tu pouvais être n’importe quoi, n’importe où, là maintenant - qui, quoi et où serais-tu ?
Un dauphin – libre, en sécurité, surtout pas en captivité. Mais seulement pour un instant, pour ensuite revenir à moi-même et  ma vie riche de ce souvenir. 

10 questions à Charles Brécard

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? 
J'ai commencé par la danse Hip-Hop dans mon pays d'origine, la Nouvelle-Calédonie. Je me suis d'abord spécialisé en Bboying quelques années avant de toucher aux autres styles urbains, Popping, Locking, Hip-hop et Krump. Etant toujours en quête de mouvement et d'inspiration, je me suis tourné vers la danse contemporaine dans laquelle j'explore mon propre langage gestuel en utilisant mon bagage culturel acquis au fil du temps. Je suis également massothérapeute, ce qui me permet de posséder une meilleure compréhension de mon corps et de celui des autres.

Quels sont les artistes ou mouvements artistiques qui t’inspirent et t’influencent ?
L'un des danseurs qui m'a fait commencer à danser est Tight Eyez, l'un des co-créateurs du Krump. J'ai eu beaucoup d'autres influences de par mes rencontres avec les artistes avec qui j'ai pu échanger, je peux citer par exemple mon mentor et ami, Yoan Ouchot, ou bien Bboy Yamson, ou encore Helder Seabra. Mais un des chorégraphes contemporains qui m'inspire énormément est Hofesh Shechter avec sa gestuelle originale et si puissante.

As-tu une autre passion que la danse ?
Ma passion depuis tout petit est l'astronomie, j'ai tendance à avoir un peu la tête en l'air...

Qu’est ce que veut dire oZe pour toi ? / Quelle est la signification de oZe pour toi ? 
Un moyen de faire comprendre aux enfants l'importance de reconnaître ses peurs, de les affronter, d'en faire une force et de ne pas hésiter à demander de l'aide des autres pour avancer.

Dans quel personnage de oZe te reconnais-tu ? Es-tu plus homme d’acier, lion, Dorothée, .. ?
Je pense avoir un peu de l'Homme d'Acier et du Lion en moi.

Ton conte préféré ? 
Est-ce que Star Wars est un conte en soi ?

Si tu avais un pouvoir magique, lequel serait-il ? 
La télékinésie, le pouvoir de tout contrôler par la pensée (Surtout pour éteindre la lumière quand je suis au lit...). La téléportation n'est pas mal aussi, je pourrais alors rentrer au pays sans trop de soucis, j'ai juste peur de me mélanger à une mouche pendant le voyage...

Quelle est la chose la plus importante pour toi ? 
La danse !!!!! Non sérieusement, ma famille passe avant.

Quel est le plus grand défi que tu as du surmonter ?
Changer de pays, quitter la famille et les amis, aller vers l'inconnu...D'ailleurs cela se renouvelle à chaque fois que je dois repartir de là-bas.

Si tu pouvais être n’importe quoi, n’importe où, là maintenant - qui, quoi et où serais-tu ?
Je n'ai pas spécialement besoin d'être ou d'avoir plus que ce que j'ai actuellement. Mais en voyant parfois la bêtise humaine, je me dis : pourquoi pas être un explorateur dans une galaxie lointaine...trèèèèès lointaine...

10 questions à Audrey Bergeron

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ? 
C’est d’abord par la gymnastique artistique que je développe un intérêt pour la performance physique. Je complète en 2005 une formation professionnelle à l’École de danse contemporaine de Montréal. Ensuite, je me perfectionne en breakdance, ce qui me permet de décrocher mon premier contrat d’interprète. Comme pigiste, je participe à la création de plusieurs spectacles (Destins Croisés, Bouge de là, Les Imprudanses). Au cours de ces processus collaboratifs, je développe rapidement une attitude proactive à partir de laquelle ma créativité est mise à contribution. Soucieuse d’approfondir davantage ma démarche artistique, je m’initie au théâtre corporel (Omnibus) et m'ouvre ainsi à de nouveaux codes d’interprétation et de dramaturgie. En 2013, j’intègre la compagnie O Vertigo. J’y rencontre des défis physiques stimulants et une discipline rigoureuse qui satisfont ma quête constante de dépassement. En 2017, je participe à une tournée de trois mois aux Pays-Bas, avec Tierra, une chorégraphie de Ginette Laurin et Jens van Daele. Tôt dans ma carrière, je ressens aussi le besoin de créer mes propres chorégraphies. Je mets en scène plusieurs pièces que je présente via différents festivals montréalais ainsi qu’à la Cinquième Salle de la Place des Arts dans la programmation de Danse-Cité. J'ai eu la chance de présenter mon travail chorégraphique en France, en Allemagne et en Italie. De plus, je collabore avec des vidéastes pour créer plusieurs courtes vidéodanses qui ont fait partie de plusieurs manifestations internationales. Aujourd'hui, je souhaite continuer à multiplier les expériences variées et rencontrer de nouveaux défis.

Quels sont les artistes ou mouvements artistiques qui t’inspirent et t’influencent ?
James Thierrée est mon artiste idole. Son génie créatif et ses qualités d'interprète me coupent le souffle. J'apprécie aussi, entre autres, le travail de Crystal Pite et Romeo Castellucci. Présentement, je suis inspirée par l'univers du cinéma muet noir et blanc, plus précisément l'œuvre de Buster Keaton. J'aime les œuvres aux influences plurielles et j'apprécie la rencontre entre la prouesse et la poésie.

As-tu une autre passion que la danse ?
Dans mes temps libres, je fais du vélo, je tricote, je médite et je peins des toiles abstraites. Ça fait aussi bientôt un an que je m'entraine en Savate (boxe française). Si j'avais plus de temps, je prendrais aussi des cours de théâtre et de chant.

Qu’est-ce que veut dire oZe pour toi ? / Quelle est la signification de oZe pour toi ? 
oZe signifie pour moi la rencontre et le dépassement des peurs et des limites de l'imaginaire. C'est un univers coloré et sensible qui fait écho à la profondeur de l'être. C'est la distorsion du réel pour accéder à plus grand.

Dans quel personnage de oZe te reconnais-tu ? Es-tu plus homme d’acier, lion, Dorothée, .. ?
Je me reconnais en chacun d'eux mais je m'identifie facilement à Dorothée, en son leadership, son côté rassembleur et aventurier.

Ton conte préféré ? 
La belle au bois dormant a marqué mon enfance par son côté romantique. Aujourd'hui, je trouve l'univers d'Alice aux pays des merveilles fascinant.

Si tu avais un pouvoir magique, lequel serait-il ? 
Je serais une télépathe-guérisseuse qui fait fleurir tout ce qui l'entoure. 

Quelle est la chose la plus importante pour toi ? 
L'équilibre. Celle qui n'est pas constante mais qui dans un cycle trouve une balance. Tant en art que dans la vie en général. 

Quel est le plus grand défi que tu as du surmonter ?
Reconstruire mon cœur après une blessure de trahison

Si tu pouvais être n’importe quoi, n’importe où, là maintenant - qui, quoi et où serais-tu ?
Un grand arbre millénaire à fruits rouges dans une forêt silencieuse.

Biographie de Damian Siqueiros

Damián Siqueiros est un créateur d'images montréalais d'origine mexicaine. Damián ne documente pas la réalité, mais en imagine une et la transforme en quelque chose de tangible, souvent à travers un travail multidisciplinaire, en utilisant notamment des décors, du maquillage et des costumes. Artiste engagé, il défend l'égalité des sexes et l'acceptation de la diversité sexuelle comme l'un des éléments essentiels pour bâtir une société meilleure. Il le fait toujours avec délicatesse, grâce à une esthétique qui s'inspire des grands maitres de la peinture, tels que Le Caravage ou Rembrandt. Il cherche à provoquer des émotions, conversations et des confrontations respectueuses. Son travail l'a amené à exposer dans des galeries et musées importants à travers l'Amérique du Nord et l'Europe

Biographie de Marilène Bastien

Marilène Bastien œuvre comme conceptrice de décors, de costumes et d’accessoires dans le milieu du théâtre, du cirque et de la danse. Elle participe aux projets en danse de Chantal Caron, Estelle Clareton, Marie Chouinard, Lynda Gaudreau, Ginette Laurin et Manuel Roque. Parmi ses projets récents, on compte la conception des costumes et accessoires pour les créations du Festival Montréal Complètement Cirque aux côtés de Anthony Venisse et Peter James, la scénographie et les costumes pour un nouveau projet avec Louise Bédard, ainsi que la conception décor et costume d'une création de la Cie Manuel Roque.

Biographie d'Annie Gagnon

Après des études en arts visuels au Cégep de Joliette et à l’Université Concordia, Annie Gagnon se tourne vers la danse contemporaine. Diplômée de l’École de danse contemporaine de Montréal depuis 2002, Annie Gagnon a présenté ses créations, à la programmation de Tangente (Si j’étais une de ces femmes 2002, La Marche Invisible 2010, Reviens vers moi le ventre en premier 2014), à l’évènement Recommandations 63 organisé par Normand Marcy, ainsi qu’au Musée de la Civilisation à Québec (Les femmes de la Lune Rouge 2013), et participe comme interprète auprès de grands noms, tels que Pierre-Paul Savoie dans Danse Lhasa Danse. En parallèle de ses activités de chorégraphe et d’interprète, Annie travaille comme répétitrice pour plusieurs chorégraphes : O Vertigo, Estelle Clareton, Alan Lake, Aurélie Pedron, Emmanuelle Calvé et la Compagnie Destins Croisés.

Biographie d'Ismaël Mouaraki

D’origine franco-marocaine, Ismaël Mouaraki découvre les danses urbaines à l’âge de douze ans dans sa région natale, à Nancy en France. Il découvre le langage chorégraphique contemporain au contact du chorégraphe Xavier Lot en résidence au Centre culturel André Malraux (Scène nationale de Vandoeuvre), avec qui il collabore comme interprète pendant plus de trois ans. Une main tendue qui a permis à l’artiste de s’émanciper. 

Depuis 2003, c’est au sein de la compagnie Destins Croisés dont il est fondateur qu’Ismaël Mouaraki poursuit son travail. Sa création chorégraphique reflète ses obsessions comme fil conducteur de l’œuvre d’une vie : de mettre en corps les infinies facettes de l’humanité. L’artiste crée de mille manières, mais toujours la même obsession. Que ce soit dans Loops (2008), dans le duo Slam en/Corps (2009) en collaboration avec la slameuse Queen KA, dans son solo RefleXction (2010), ou encore dans sa dernière création Lien(s) (2016), tout s’articule autour des notions de polarités, de contrôle, de domination, et de la perception de l’individu dans le groupe. 

Artiste et entrepreneur de corps et d’esprit, Ismaël Mouaraki s’entoure de collaborateurs artistiques dont les talents et l’expertise lui inspirent sa fougue et sa vision. Ainsi, en collaboration avec les interprètes, concepteurs sonores, concepteurs d’éclairages, ingénieurs multimédias ou scénographes, il façonne et développe une signature unique, ancrée dans l’ouverture des genres et la découverte des autres. Pour lui, la danse est un vecteur des phénomènes sociaux et de la condition humaine : lorsqu’Ismaël amorce un processus de recherche, c’est pour découvrir les empreintes laissées par notre environnement culturel et social, qui sculptent immanquablement notre corps. 

Depuis ses premiers pas de hip-hop jusqu’à la présentation de ses œuvres dans des espaces de renoms internationaux tels que l’Agora de la danse à Montréal, le Lincoln Center for the Arts à New York, aux PAMS de Séoul ou l’Internationale Tanzmesse nrw à Düsseldorf, Ismaël Mouaraki a su prendre des risques artistiques et créatifs. Autodidacte, Ismaël connait les chemins qui mènent au dépassement de soi. À la fois chorégraphe, danseur et enseignant, Ismaël travaille à l’essor de la danse à travers des commandes chorégraphiques au Canada et en Europe, à titre d’enseignant dans des centres de formation professionnels comme l’École de Danse Contemporaine de Montréal, ou encore aux côtés de chorégraphes de renoms tels que Xavier Lot, Tony Masckott, la compagnie Accrorap, Philippe Découflé, Hélène Blackburn ou encore Dominique Porte. Les producteurs sont nombreux à faire appel à lui pour participer à divers projets chorégraphiques, parmi lesquels on retrouve la 5e édition de Pas de danse, pas de vie ! du Regroupement Québécois de la Danse (RQD) autour de performances in situ,et le Cirque Éloise pour le spectacle ID. Il a signé les chorégraphies de la parade Pink Carnaval présentée en l’honneur du couturier Jean-Paul Gauthier au Festival Juste pour Rire, et co-signé le spectacle Ayong avec le chorégraphe Herwann Asseh de la compagnie Moral Soul, présenté au Quartz à Brest en France. Cette réalisation, librement inspirée de la fresque du Jugement Dernier de Michel-Ange, est une rencontre de la danse, du cirque, et des arts visuels. Plus récemment, Ismaël Mouaraki a chorégraphié la pièce D-Complex en collaboration avec le Centre culturel de Namur en Belgique présenté en novembre 2016 aux Abattoirs de Bomel. À l’aube des quinze ans de sa compagnie Destins Croisés, Ismaël Mouaraki écrit une page nouvelle de son œuvre, toujours à la poursuite du renouvellement des langages urbains et contemporains.