Guide du spectateur

Apprendre et reconnaître les différentes esthétiques des danses urbaines

Le spectacle oZe allie danses urbaines et danse contemporaine. L’histoire des danses urbaines est intimement associée à celle du hip-hop né dans le Bronx aux États-Unis dans les années 1970 et appartient à une vague de revendications des minorités des quartiers défavorisés. Mais les danses urbaines ne sauraient être réduites à cette seule tendance. Elles sont le résultat d’un métissage des styles de danse pratiqués en milieu urbain et sont originaires tout autant des Pays d’Amérique du Sud, de l’Afrique, de l’Asie que des pays occidentaux et disent la richesse des habitants d’une même ville. Les danses urbaines sont multiples, car elles rassemblent différentes esthétiques (popping, bboying, bgir-ling, locking, wacking, etc). Toutes ces esthétiques sont présentes dans les œuvres de Destins Croisés, mais la spécicité de Destins Croisés est que le chorégraphe intègre toutes ces formes de danses urbaines dans un univers contemporain.


Le B-boying ou B-girling, également appelé breakdancing, est un style de danse de rue qui est né principalement parmi les jeunes portoricains et afro-américains dans le Bronx des années 1970. La danse s’est répandue dans le monde entier grâce à la popularité des médias, notamment dans des régions comme le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, la Russie, la Corée du Sud et le Royaume-Uni. Cette danse se caractérise par son aspect acrobatique et ses  gures au sol. Le breakdancing consiste en un mouvement de jambes rapide, où les danseurs passent d’un pied d’appui sur l’autre. On peut y noter une certaine ressemblance avec certains mouvements du swing, du charleston ou des claquettes. Cette danse se pratique dans les rues, les vidéoclips et les battle, sorte de compétition entre danseurs de rue.


Le popping est une danse californienne qui se danse debout contrairement au breakdance qui se danse au sol. Le popping repose sur trois principes de base : les hits (contractions), l’isolation et les angles. Le rythme est ressenti à travers les contractions appliquées par le danseur à des moments bien choisis qui lui permettent de s’approprier la musique. En effet, ces danses ont fait leurs premiers pas sur la musique funk vers la fin des années 70 et les années 80.


Le terme locking signifie littéralement «fermer». Cette danse a été inventée au début des années 70 et elle est rattachée à la culture hip-hop. Un des mouvements de base est le « pointage », de l’anglais pointing, c’est-à-dire le fait de pointer. Cela vient de l’affiche de recrutement pour l’armée américaine où l’on voyait l’Oncle Sam pointant le doigt vers le spectateur avec le slogan : « I want you for U.S. army ». Il existe aussi plusieurs autres mouvements comme le Stop and go or Bus stop. Le locking est beaucoup plus musical que le breakdance et est très expressif. Il se danse principalement avec le bassin, les pointes et les expressions du visage qui sont très importantes.


Le Waacking est une forme de danse de rue afro-américaine qui provient des clubs homosexuels des États-Unis. Le waacking est apparu dans les années 1970 à Los Angeles, s’inspirant de la musique funk et disco. À l’origine c’est une danse qui se veut être une imitation d’une danse sensuelle et féminine réalisée par des hommes. Le waacking consiste à bouger les bras au rythme de la musique. Il met la danse hip-hop en avant, avec la reprise de quelques mouvements qui s’en inspirent. Il a également pris l’inspiration stylistique de stars de cinéma telles que Lauren Bacall, Marlene Dietrich, Bette Davis et James Dean. Avec l’arrivée du hip-hop, le waacking est devenu plus funk. Après un désintérêt pour cette danse dans les années 1990, il connaît un regain avec la mode des sons électro des années 2000.


Le Krump est une danse née dans les années 2000 au cœur des quartiers pauvres de Los Angeles. Cette danse est non-violente, malgré son apparence agressive à cause des mouvements exécutés très rapidement, de la rage ou la colère qui peut se lire parfois sur les visages des danseurs de Krump que l’on appelle les « Krumpers », se veut être une danse représentant la « vie » et toute sa « jouissance ». Le Krump permettait aux jeunes de canaliser leur colère, leur agressivité, leur haine, leur rage... Toute cette colère qui est canalisée peut donc ressortir sous une forme plus positive. C’est le Krump. La pratique du krump est de plus en plus courante, popularisé récemment en partie grâce aux « battles ». Chaque krumper a son propre style et sa propre identité. Il est inimaginable de trouver deux danseurs de krump qui dansent de la même façon notamment en chorégraphie.


Apparu dans les années 1970 parmi la communauté transgenre et gay des afro et latino-améri- cains, le voguing est caractérisé par la pose-mannequin, telle que pratiquée dans le magazine américain Vogue durant les années 1960 et lors des défilés de mode, intégrée avec des mouvements angulaires, linéaires et rigides du corps, des bras et des jambes. Dans les années 1990, le voguing est connu pour avoir inspiré le titre Vogue de Madonna.